Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Du côté de ma Drôme

Boule de plumes

(Photo G.V.)

L'an dernier, j'avais récupéré un chaton tout juste fraichement jeté par la fenêtre d'une voiture et à peine sevré. Un an plus tard, petit chaton a bien grandi, et il adore se percher sur le toit de la maison, plus précisément dans la gouttière, se croyant ainsi bien caché avec les pattes, la queue et les oreilles qui dépassent, pour regarder passer les oiseaux, et les imaginer en brochette. Parfois son rêve devient réalité. Comme cet après-midi là, où dans la haie du voisin, il avait repéré un nid de merles. Et profitant de l'absence du père parti chercher quelques victuailles pour ses oisillons, voilà que l'instinct de chasse se réveille et paf... attrapé le petit piaf!

La blessure est vilaine. Les crocs du félin ont bien pénétré la chair et l'aile semble cassée. L'oisillon est affaibli par la chaleur. Sans grande conviction sur le temps de vie qui lui reste, je lui nettoie la plaie, lui donne à la pipette une goutte d'eau et le dépose dans une boite recouverte d'un chiffon. La nuit se passe. Au petit jour, je suis réveillée par un petit cri. La boule de plumes est toujours en vie et... elle a faim!

Comment nourrir un bébé merle? Quelques croquettes de chat ramollies dans de l'eau peuvent faire l'affaire dans un premier temps, me dit-on sur Internet. Il faut des protéines, ajoute-t-on, le mieux étant de donner des vers de farine. Hummm, magnifique... j'adore l'idée...

Direction le magasin animalier et me voilà donc avec sur la table du salon une boite qui grouille et qui avance presque toute seule, et me rappelle rien qu'en la regardant quelques épreuves de Fort Boyard. Il faut nourrir l'oisillon "toutes les heures, du lever au coucher du soleil". Chouette... A la pince à épiler, à raison de 5 ou 6 vers, le petit miraculé avale son lot de protéines et voudrait bien maintenant sortir de sa cage. Mais son aile... bat de l'aile.

Je cherche alors les coordonnées de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) car je commence à croire que mon petit pensionnaire peut se remettre. Dans la rubrique "SOS Faune Sauvage", je suis redirigée vers le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage Drôme/Ardèche, basé à Crest. Rendez-vous est pris pour leur amener l'oisillon. Au passage, entre Pierrelatte et Montélimar, nous en récupérons deux autres recueillis aussi par des particuliers, des martinets, dont l'un ne finira pas le trajet, trop jeune et trop faible.

Le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage en Drôme-Ardèche a été créé en décembre 2015 par une poignée de bénévoles avec pour objectif de recueillir et de soigner les animaux sauvages blessés ou malades, puis de les relâcher dans la nature. 

C'est l'une de ces bénévoles qui nous accueille ce soir-là. Derrière elle, il y a de nombreuses couveuses, apparemment remplis de petits pensionnaires à plumes. Les effectifs sont hélas bien élevés. Elle emmène rapidement notre petit merle pour regarder ses blessures. L'aile n'est pas cassée nous dit-elle, et il devrait revoler d'ici quelques temps.

L'antenne de Crest du CSDA n'est qu'un relais. Les bénévoles peuvent y pratiquer les premiers soins, mais ensuite, les oiseaux partent en direction du Rhône ou de l'Isère. Seuls ceux qui ne nécessitent pas de rééducation restent à Crest, et sont relâchés directement dans la nature après avoir été soignés. Celui que nous avons recueilli sera dirigé vers Lyon, où il va être mis sous antibiotiques, son aile réparée et bonheur sûprème pour lui, il sera gavé de ses vers préféré. Et peu à peu, il va apprendre à venir chercher sa nourriture, se réhabituer à être au milieu de ses congénères, avant l'ultime étape, être relâché à son tour. 

Nous repartons heureux d'avoir aidé la petite bête, avec un livret de conseils édités par le CSDA, et un numéro de téléphone pour prendre de ses nouvelles.

Et avec juste une envie, dire merci à ses bénévoles qui donnent de leur temps pour préserver la faune sauvage de la Drôme et de l'Ardèche. 

Il est possible d'aider le CSDA, en adhérant à l'association ou en faisant un don. Car en moyenne, le centre investit 50€ pour soigner un animal. 

G.V.

Boule de plumes

Pour en savoir plus : 

- Sur le Centre de sauvegarde de la faune sauvage de Drôme Ardèche > http://www.lpo-drome.fr/nos-actions/sauvegarder/sos-faune-sauvage/sos-faune-sauvage/

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article

Jipai 10/03/2019 17:58

Super sujet, grâce à vous je connais les vers de farine qui m'auraient bien été utile il y a quelques mois an arrière, 3 perruches à sauver, mère envolée, gros échec hélas. Bonne continuation dans notre Drôme